III La voiture électrique

III La voiture électrique

1)Les projets actuels...

  
   La voiture électrique est un concept qui existe depuis longtemps. Déjà, dans les années 1980 des constructeurs comme Renault proposaient des flottilles électriques pour les administrations. Au niveau du public, l’événement le plus marquant est probablement l’apparition de la Toyota Prius, première berline hybride, en 2000, représentant comme une transition de la voiture à moteur thermique à la voiture électrique.
    Ainsi distingue-t-on deux « types » de voitures électriques : les hybrides et les 100% électriques.
     Les voitures hybrides sont d'ores et déjà présentes sur le marché : elles sont la combinaison d’un moteur thermique actuel et d’un moteur électrique. L’association de ces deux moteurs a permis de nombreuses innovations techniques qui ont permis de repenser la voiture électrique.
     Les voitures 100% électriques ne sont pas encore commercialisées à grandes échelles, mais les constructeurs proposent déjà des gammes de voitures électriques à louer, gammes qui évolueront en performance et dont les prix baisseront sûrement dans un futur proche.
      Ainsi le constructeur Peugeot propose l’iOn, une petite citadine ayant une autonomie de 150km et une vitesse maximum de 130 km/h. Proposant la même autonomie et la même vitesse de pointe, Citroën sort la C-Zéro. Chacun de ces cas a un temps de rechargement assez long (de 3 à 6 heures chez soit ½ heure en station).
En réaction à cela, Renault, propose une solution : « le quick drop » qui permet d’échanger sa batterie vide par une pleine, et ainsi de repartir en 3 minutes. Ces batteries amovibles sont présentes sur toute la gamme ZE (de Renault ; ZE pour Zéro Emission) comprenant 3 véhicules :
         -La Fluence ZE (une berline familiale)
         -La Kango Express ZE (un utilitaire)
         -La Zoé ZE (le clone électrique de la Clio)
  chacune atteignant 135km/h avec une autonomie de 160km.
Nissan propose plus de performance : La « Leaf » est plus spacieuse (cinq place) et est dotée d’une puissance de 107 chevaux (contre 95 chevaux pour la Fluence et 64 pour la C-Zéro).
Elle peut atteindre 160km/h avec une autonomie de 150km/h.
Mais parmi d’autres problèmes subsiste un problème majeur : le prix.
En effet, L’iOn de Peugeot et la C-Zéro de Citroën, sont proposées à 30 000 € (prime d’état de 5000 € déduite)
Toutefois ces deux constructeurs proposent un autre moyen de paiement : la location.
Appelé « MU » par Peugeot, ce concept est une carte prépayée permettant de louer pou 145 MU (Mobile Units), soit 29 €, une voiture électrique pendant une journée.
Citroën, propose la C-Zéro à 11€ l’heure, et des formules Week-end dès 37€ par jour.
Renault par contre, pour séduire ses clients, propose sa Zoé à seulement 15 000€. Pas cher ? Normal, à ce prix la les batteries ne sont pas incluses. Le client devra souscrire un abonnement de 100 € par mois, auquel s’ajoutera le prix de l’électricité (2 € le « plein ») « au total le coût mensuel pour l’automobiliste sera à peu près le même que pour une Clio diesel ».
Le constructeur Nissan, vend sa « Leaf » à 30 000 € aussi (prime d’Etat déduite de 5000€) mais pense bientôt à développer une offre s’inspirant des locations de ses concurrents. 

    Mis à part les projets des constructeurs Citroën, Renault, Nissan et Peugeot, d’autres projets plus prometteurs existent et permettront de faire adopter plus facilement la voiture électrique au public. Comme, par exemple, celui de la BLUECAR du groupe Bolloré et du groupe italien Pininfarina.

La BLUECAR est une citadine de 4 places et 5 portes à transmission automatique.
Elle dispose des batteries au « lithium métal polymère » (une innovation dûe au groupe Bolloré) de 30 kWh. elle aura un temps moyen de rechargement de 4h. Pour la recharger, il suffit de la brancher sur une borne de charge rapide publique (2h) ou chez soi sur une prise standard (6h) pour une autonomie étonnante de 250 km. Elle dépasse alors les performances des véhicules proposés par les constructeurs cités plus haut.
En cas de besoin, il est possible d’effectuer une recharge « flash » de 5 minutes pour parcourir 25 km.

Les arguments principaux développés pour cette voiture sont, bien sûr, sa partie écologique mais aussi son excellente autonomie.

D’ailleurs, le groupe Bolloré a récemment obtenu le contrat Autolib avec cette BLUECAR. Le projet Autolib reprend le principe des vélibs (contraction de « vélos en libre service ») en utilisant les voitures. Ce service existe déjà à Lyon et permet de louer des voitures écologiques (à faible consommation de CO2) ou des voitures hybrides.
Mais ce qui nous intéresse, c’est la mise en oeuvre d’Autolib à Paris qui offrira en libre service plus de 5000 véhicules entièrement électriques d’ici 2016, tel qu’a annoncé Vincent Bolloré le mardi 11 janvier 2011.
Les voitures Autolib sont, donc, des BLUECAR modifiées. En réalité, Autolib sera mis en place, dès l’automne 2011, avec 3000 voitures électriques (pour commencer) avec 700 stations à Paris et 300 sur les communes avoisinantes. Le service sera ouvert 24h / 24 7j/7.
L’abonnement est obligatoire avec une remise immédiate d’une carte dédiée. La réservation est possible sur Internet, par téléphone ou directement en station. Le retrait d’un véhicule se fait en 2 minutes. 

Ce projet, une fois mis en place, sera une première mondiale, et donc, un grand pas pour l’avenir de la voiture électrique.

       On l’aura  compris, les entreprises et constructeurs investissant dans la voiture électrique préfèrent la location afin de faire adopter ce nouveau concept au public.
Mais d’autres constructeurs proposent des voitures électriques à vendre. Comme par exemple, le groupe TESLA Motors, célèbre constructeur de voitures électriques, qui propose aujourd’hui la Roadster Tesla.

La Roadster Tesla est une voiture de sport. Elle dépasse en termes de performance tous les records dans la catégorie des voitures électriques : une autonomie record de trois cent quarante (340) km, en accélération, elle passe de 0 à 100 km/h en 4 secondes maximum et en 3,7 secondes minimum (pour se faire une idée, la Lamborghini Gallardo GT (2007) fait du 3,9 secondes). Aussi, la dernière version Roadster 2.5 a une puissance de 288 chevaux.
Tesla Motors a annoncé qu’il a vendu plus de 1500 Roadster dans le monde (permettant ainsi d’économiser 1,6 millions de litres d’essence et plus de 22 000 barils de pétrole).


Autre modèle, qui sera en vente dès 2012 : la berline électrique Model S offrant de l’espace pour deux adultes et deux à trois enfants. Encore une fois, les performances annoncées sont exceptionnelles le passage de 0 à 100 km/h est effectué en 5,6 secondes pour la version de base et moins de 5 secondes pour la version sportive, avec une autonomie jusqu’à 480kms, une recharge rapide en 45 minutes, complète en 4 heures.

Hélas, leur prix est, lui aussi exceptionnel : la Roadster Tesla est proposée à environ 100 000€ (88 000 € au minimum) et la Model S à 38 000 €.
Faisant figure d’exception, il y a la Venturi Fétish . 



Pourquoi exception ? Parce qu’il s’en est vendu que 25 exemplaires dans le mondes comme l’avait promis son constructeur. Comme la Roadster Tesla, c’est une voiture de sport à 2 places, ayant pour performances : un moteur électrique fournissant environ 300 chevaux (220 kW) avec un 0 – 100 km/h en moins de 4 secondes. Elle atteint une vitesse de 180 km/h, possède une autonomie de 290 km en base et de 160 km en utilisation sportive. Les batteries sont des accumulateurs au lithium – ion, offrant une recharge complète en 3 heures et en 6 heures avec une prise électrique standard. Plus exceptionnel son prix : 297 000 €

2)Mais est ce vraiment si écologique ?

     Etant donné que la voiture électrique est supposée être une solution d’avenir plus écologique que la voiture thermique, de nombreuses questions sur l’impact environnemental réel de la voiture électrique se sont posées.
      En particulier au niveau de sa construction ; si on prend en compte les matériaux nécessaires pour sa construction (en particulier au niveau de sa batterie ?) et les procédés d’extraction de ses matériaux, ainsi que les procédés d’assemblage, la voiture électrique reste-t-elle toujours aussi écologique ?

     Sur ces points la voiture électrique a été vivement critiquée. En effet plusieurs sources indiquent que le niveau actuel des gisements mondiaux de lithium extractable, n’est suffisant que pour un nombre très limité de voitures. De plus, dû au marché des batteries Lithium Ion pour téléphone portable et ordinateur portable, le nombre de batteries en sera encore plus limité.

     Mais du point de vue des matériaux, la voiture électrique a en réalité un bon profil écologique. En effet une récente étude de l’EMPA  (une institution de recherche suisse) démontre que la construction, l’entretien l’élimination de la batterie Li-Ion ne représente que 15% de l’impact écologique total de la voiture. De ces 15%, la moitié provient de l’extraction du cuivre et de l’aluminium (matières premières de la batterie), et seulement 2,3% pour la production de lithium.
      En réalité 49% de l’impact écologique provient de la production de l’énergie de la voiture : l’électricité elle-même. En effet la production d’électricité nécessaire aux chargements/rechargements des batteries vient du mix européen, si on utilise cette électricité la charge environnementale sera trois fois plus importante que la batterie elle-même. L’électricité du mix européen provient à moitié de source non écologique tel que le charbon, le gaz le fioul et autre thermiques, et cela seulement si on considère le nucléaire comme une source écologique ! (voir image). Mais la voiture électrique en reste tout de même plus écologique que les voitures thermiques : selon L’EMPA les voitures thermiques ne devraient consommer que 3 ou 4 litres aux 100km maximum pour égaler la voiture électrique.







(ENR= Energie Renouvelable)

Bilan :
La voiture électrique présente encore de nombreux inconvénients : elle est moins écologique qu’on le pensait, dû au fait que l’électricité nécessaire à son chargement et rechargement, n’est pas issues de source écologique. Ensuite ses performances et surtout son autonomie sont encore bien inférieures que celles d’une voiture thermique, bien que les dernières avancées techniques l’ont fait formidablement progressée de ce côté là, et continueront de la faire progresser. Enfin, un autre inconvénient majeur est le prix, car avec la technologie dont nous disposons, il est encore impossible de fabriquer une voiture électrique revenant à un prix acceptable pour les commercialiser à grande échelle au public.