I Les réserves de pétrole actuelles

I)LE PETROLE :
   
    Avant de nous intéresser aux futures solutions, nous avons tout d’abord cherché la source et la limite du principal carburant actuel qui est le plus utilisé pour le transport. Ainsi, cela va nous permettre de nous repérer face à l’ampleur de la question : Comment roulera la voiture après le pétrole ?

1)    FORMATION ET RAFFINAGE :


Le pétrole (qui vient du latin petra oleum, huile de roche) est un liquide plus ou moins visqueux qui se forme sous la terre suite à un procédé qui dure plusieurs millions d’années. Ce procédé consiste en la décomposition d’organismes essentiellement végétaux qui se sont mélangés à de la boue et du limon pour former des couches de sédiments. Ces dernières s'accumulent sous d’autres sortes de couches de sédiments en les enfouissant profondément d’une part, et en le compressant d'autre part. Ce qui transforme ces sédiments riches en matières organiques en roche, puis grâce aux apports de la chaleur géothermique, ces roches sont transformées en kérogène. On parle alors de pyrolyse.
La tectonique des plaques a aussi un effet sur ces sédiments, car elle peut :
  • Soit, une fois le kérogène formé, faire passer une plaque au dessus de celle contenant le kérogène et ainsi ajouter de nouvelles couches de sédiments par-dessus celles existantes, ce qui enfouit encore plus profondément le kérogène et donne lieu à une nouvelle pyrolyse, et le transforme en gaz naturel.
  • Soit faire ressurgir une poche de kérogène ou de gaz naturel et rendre le gisement plus proche de la surface.
Il existe des centaines de sortes de pétroles bruts, qui se différencient en fonction de leur qualité majoritairement due à leur origine, mais d’autres critères entrent en compte comme leur teneur en souffre, leur viscosité, ou leur couleur. 
Certains pétroles sont devenus des références dans différentes parties du monde comme le Brent en Europe, le WTI (West Texan Intermediate) en Amérique et le Dubaï Light pour le Moyen-Orient et l’Asie.


Le raffinage de ces bruts est nécessaire pour les rendre utilisables dans les différentes branches de l’industrie et des moteurs.


Le raffinage varie en fonction de plusieurs conditions comme le futur usage du pétrole ou du type de brut traité ; c’est pourquoi les raffineries sont souvent polyvalentes et ont plusieurs bacs pour stocker plusieurs types de pétroles et sont composées de plusieurs unités de traitement avec, pour chacune, un type de raffinage associé.


2) LES RESERVES PETROLIERES :

Les réserves pétrolières sont définies par le taux de pétrole récupérable aussi bien techniquement qu’économiquement sur un gisement de pétrole donné, la moyenne mondiale étant de 35%.

Il existe trois sortes de réserves en fonction de la certitude qu’on estime qu’elles pourront être exploitées avec les techniques actuelles et au prix actuel:
-         Les réserves prouvées, que l’on appelle 1P ou 90P car elles ont 90% de chances d’être exploitées les techniques et au prix actuels.

-         Les réserves probables, que l’on appelle 2P ou 50P car elles ont 50% de chances d’êtres  exploitées

-         Les réserves possibles, que l’on appelle 3P ou 10P car elles ont  10% de chances d’êtres exploitées.

De grandes incertitudes sur l’état actuel des réserves mondiales persistent car les chiffres fournis par les compagnies pétrolières et par les Etats divergent fortement et ce à cause de leurs divers intérêts. Cependant, l’organisme Securities and Exchange Commission (en quelque sorte le gendarme de la bourse américaine) a imposé aux compagnies pétrolières des standards d’évaluation des réserves, ce qui donne plus de crédit à leurs chiffres.
En effet, les réserves représentent un patrimoine synonyme de richesse pour les Etats, qui pourraient être tentés de donner des chiffres à la hausse ou à la baisse, mais aussi, par exemple pour les membres de l’OPEP, union des pays exportateurs de pétrole, car ils ont un quotta de production de barils en fonction de leurs réserves à respecter. Ce qui explique l’énorme hausse des réserves de pétrole dans les pays du Moyen-Orient.
Cependant, les hausses des réserves se font par les progrès technologiques, permettant d’accéder à de nouveaux gisements ou à traiter de nouvelles sortes de pétrole. On peut citer le Canada qui, une fois les installations créées, a pu exploiter ses énormes réserves de sable bitumeux, faisant de lui l’un des pays ayant les plus grosses réserves de pétrole au monde.
Le Mexique est un cas à part car l’Etat a de très nombreux gisements sur son territoire, mais taxe à 60 % les revenus de la compagnie pétrolière ayant donné le monopole de son marché, rendant impossible l’exploitation de gisements par manque de capitaux.

RESERVES PETROLIERES MONDIALES :
Réserves pétrolières[
]
fin 1985
fin1995
fin 2004
fin 2005
en milliard de barils
en milliard de barils
en milliard de barils
en milliard de tonnes
en milliard de barils
 % du total
Ratio R/P (année)
Amérique du Nord
101,5
89,0
60,6
7,8
59,5
5,0%
11,9
 Amérique Centrale et du Sud
62,9
83,8
103,0
14,8
103,5
8,6%
40,7
 Europe et Eurasie
78,6
81,5
138,7
19,2
140,5
11,7%
22,0
 Moyen Orient
431,3
661,5
738,2
101,2
742,7
61,9%
81,0
 Asie et Océanie
39,1
39,2
39,8
5,4
40,2
3,4%
13,8
TOTAL MONDIAL
770,4
1027,0
1194,1
163,6
1200,7
100,0%
40,6
Parts de l'OCDE
118,6
111,3
81,8
10,6
80,6
6,7%
11,2
OPEC
535,8
785,1
897,4
123,2
902,4
75,2%
73,1
Hors OPEC et ex-URSS
172,0
179,8
175,8
23,5
175,4
14,6%
13,6
Ancienne Union Soviétique
62,7
62,1
120,9
16,8
122,9
10,2%
28,4













Pays ayant les plus grosses réserves de pétrole :
            En milliards de barils 
                                                                                                                                  Chiffres de BP




Ce sont les chiffres de BP ; et donc cette carte est à nuancer vu que les chiffres ne sont pas agréer par tout le monde.
On peut constater qu’une grande partie des réserves de pétrole se situe au Moyen-Orient ; bien que les parties nord de l’Asie et de l’Amérique possèdent aussi de bonnes réserves. Tandis qu’en Amérique du sud seuls le Venezuela et le Brésil ont des réserves conséquentes, le Nigeria, la Lybie et l’Algérie en Afrique.  Ce qui nous fait encore mieux remarquer qu’il n’y à presque pas de pétrole en Europe et en Océanie.
                                          





3)    LE PIC PETROLIER OU LE DEBUT DE LA FIN :

Un pic pétrolier, ou peak oil en anglais, est le moment où un gisement de pétrole atteint son niveau maximal de production et donc commence à s’épuiser. Mais ce terme est le plus souvent utilisé pour un ensemble de gisements de pétrole d’une région, si ce n’est du monde.
Aussi, l’annonce de l’arrivée du pic pétrolier mondial aurait d’énormes répercussions sur le plan géopolitique car cela serait synonyme d’une future pénurie de pétrole. C’est pourquoi le sujet fait débat et on peut former deux camps :

·  ceux pour qui la production mondiale a déjà atteint son maximum et préconisent une reconversion urgente aux énergies renouvelables.
·  ceux pour qui la production mondiale n’a pas atteint son maximum ou alors pensent qu’il n’y à pas de pic pétrolier mais un « plateau » pétrolier, et sont plutôt optimistes vis-à-vis du futur du pétrole.

En effet, ceux qui ne croient pas au pic pétrolier pensent que les progrès techniques réalisés et futurs rendront viables l'exploitation et la découverte de nouveaux gisements et ainsi produire encore plus de pétrole ou au moins maintenir la production actuelle, préférant donc l’expression de « plateau » pétrolier à pic pétrolier.
(EIA :Energie Information Administration, agence indépendante rattachée au ministère de l’énergie américain)
Et ceux qui croient que nous avons déjà atteint le pic pétrolier, pensent que les réserves actuelles sont surévaluées par les Etats et que les futures découvertes de gisements ou exploitations ne suffiront pas pour une consommation qui continue de croitre et que les cadres dirigeants ou hauts fonctionnaires dans le domaine censurent toute information qui pourrait provoquer la panique.
L’AIE (Agence Internationale de l’Energie, agence de l’OCD) fut le premier organisme de notoriété mondiale à annoncer que nous avons atteint le pic pétrolier, et estime que plus des trois quarts des gisements de la planète ont atteint leur pic pétrolier et qu’il ne nous reste plus que dix ans de réserves de pétrole.
Bien qu’à nuancer, les propos des membres de ce dernier camp, nous amène à penser à des alternatives possibles.